Le miroir du cœur

# Modifié le 18 avril 2021@ 10:48

Redonnez-vous l’éclat intact de l’Esprit. Regardez en lui directement. Constatez qu’infailliblement, il n’y reste rien. Seule persiste la Conscience lumineuse initiale. Contempler c’est recueillir cette persistance. C’est la laisser s’imposer dans notre esprit et sur nous totalement.

La nature de notre Esprit est comparable au miroir. Comme lui, il détient une clarté intrinsèque en laquelle apparaissent des formes, des images intangibles et éphémères. Les pensées sont comme des reflets visibles et immatériels. De la même façon, elles peuvent surgir en grand nombre, durant de longues périodes, sans altérer la base initiale où elles se forment. Pareillement au miroir, l’Esprit demeure vierge et intact, ce malgré l’ampleur de tout ce qu’il a réfléchi depuis qu’il existe. Alors, aucune nouvelle pensée, bonne ou mauvaise, ne pourra jamais l’atteindre ni l’abîmer.

Tel un miroir, l’Esprit détient sa propre luminosité que rien ni personne n’a le pouvoir d’altérer. Tel un miroir, il peut s’emplir du reflet des pensées sans qu’elles ne puissent le souiller. Son éclat initial demeure intact. Il ne varie pas. Il est inaltérable.
Ainsi, est la nature de l’Esprit qui vit en nous et qui nous accompagne durant toute notre existence. Voilà, l’essentiel que nous ignorons. Ce qui a pour conséquence que nous ne reconnaissons et ne suivons que nos seules projections.

Du fait de sa perfection, depuis toujours l’Esprit est resté sain. En lui, tous les surgissements ont disparu inéluctablement. Tous ont été libérés. L’éclat de notre conscience demeure intact, comme neuf. Rien de ce qui s’élève n’y prend place ni ne l’affecte. L’éclat perdure immobile et invariable. À l’image de l’espace contenu dans un vase, qui, malgré les substances qu’il contient, malgré leurs nombreux changements, ce que l’on ajoute ou retire, continue dans sa perfection d’être ce qu’il est.

Il nous faut nous taire pour entendre Dieu.

Contempler, c’est voir et vivre “Cela qui reste”, “l’Êtreté” parfaite qui ne vient ni ne repart, “l’Êtreté” qui perdure quoi qu’il advienne. Dans le fait de contempler, nous ne développons rien. C’est l’inverse, nous assumons qu’il n’y a pas besoin d’intervenir pour Être. Nous pouvons exister sans “nous”, sans le “contrôleur”, sans le “manipulateur”.

Lorsque nous nous orientons vers le dedans, vers le tréfonds, c’est comme si nous regardions dans une glace où tout s’efface. C’est comme si, fait de cire, nous fondions au contact de la chaleur. La profondeur de l’insaisissable Esprit nous attire. Elle nous place dans l’unique instant. Ne survit que l’unique Présence en laquelle tout se dissout inexorablement, une dissolution libératrice et un don précieux par le renouveau jaillissant de “Vie éternelle”*.

Immanquablement, notre meilleure idée, notre meilleure compréhension, notre meilleure expérience va se dissoudre et nous laisser ici, dans cette Présence incessante. Alors, voyez la Perfection qui reste, accueillez-la. Regardez, entrez dans l’ouverture du miroir de la Source. Depuis sa nature absolue, elle ne bouge pas, elle ne s’épuise pas.
Il nous faut nous taire pour entendre Dieu. Ce silence n’est pas celui de la bouche ou bien de la tête. C’est celui que laisse derrière lui le personnage, lorsqu’il cesse de se faire exister.

Tous, parce que nous sommes une expression de la vie, nous demeurons pleinement dépendants d’elle. Nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes. Nous n’en avons pas la nécessité. La vie nous guide. Elle nous dit tout ce que nous devons faire. Contempler nous révèle cette perfection. Sinon, nous pensons être indispensables et continuons de “nous faire exister”.

L’Esprit est libre et insaisissable. Nous croyons qu’il est comme nos pensées. Pourtant, il est pareil à un miroir qui ne retient rien. En lui, les reflets sont également vides.


Notre conscience n’est pas la nôtre, c’est celle de Dieu qui brille en notre esprit. La conscience divine nous éclaire. Elle est lumière.
Nous ne pouvons rien n’y ajouter, rien n’en soustraire, seulement la nier et nous en distraire. Celle-ci est comme une lampe qui jamais ne s’éteint.
Dans toute situation, elle nous accompagne.
Elle est notre Jour intime, qui nous éclaire intérieurement et dans toutes les directions.
Tous mouvements de l’esprit, toutes pensées, se font dans cette lumière.
La Lumière n’oscille pas. Elle n’alterne pas. Elle est l’éternité présente en nous.

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