Ouvrir l’Esprit…

# Modifié le 13 avril 2021@ 15:17

Rouvrir l’esprit et le cœur est la base de la contemplation. Nous avons oublié “l’Être”. Nous avons relégué l’éclat de la fulgurance, notre amour pétillant d’enfant. Contempler c’est sortir de sa torpeur. C’est reprendre vie, se trouver avivé d’un feu intérieur. C’est retrouver son Esprit étincelant et voir toute notre énergie se remettre en mouvement. Comme une flamme qui renaît, qui flamboie de recevoir l’oxygène qui lui manquait.
Contempler c’est se ressaisir. C’est tressaillir au-dedans. C’est sortir la tête de l’eau. C’est comme le fait d’enclencher une nouvelle vitesse. Il ne s’agit pas d’augmenter un peu plus notre attention ou encore de se caler dans une présence contenue. D’une autre façon, c’est redevenir “neuf”, redevenir “vivant”.

Si notre engagement est crucial pour évoluer sur le plan spirituel, notre capacité de réceptivité l’est tout autant. “Recevoir” pourrait même être la seule chose que nous ayons besoin de faire.
Cette réceptivité repose principalement sur deux facteurs ; l’un est l’orientation et l’autre l’ouverture. Nous avons à nous tourner vers la Source et, par notre ouverture, recevoir sa force et nous imprégner de ses qualités. Sans cela, nous sommes comme un navire qui part à la dérive, parce qu’avec sa voile il ne prend pas le vent.

Rouvrir l’esprit c’est le laisser libre comme le ciel. C’est ne plus le garder dans un processus de cristallisation par la pensée.

Si nous voulons “dessaouler” de l’esprit ordinaire et duel, il vaudrait mieux que nous commencions par cesser de le faire tourner sur lui-même comme une “toupie”.
La meilleure façon de désamorcer l’esprit qui saisit c’est de ne plus l’alimenter. Les pensées ne font qu’engendrer d’autres pensées. “Couper court” c’est comme arrêter de “boire”, arrêter d’en “reprendre”. Couper court dans le flux discursif stoppe “l’hypnose” mentale. D’un élan déterminé, nous délivrons subitement l’esprit dans la Présence. Cela a pour effet d’écarter tous les “cinémas”, de nous précipiter ici, dans l’instant actuel.

Notre tendance c’est de refermer notre esprit et faire qu’il se replie sur lui-même. Ouvrir l’esprit permet d’interrompre cette boucle. En contrepartie, nous retrouvons le contact direct au vivant. Nous nous libérons de toute histoire, de toute réminiscence. Rejoignant le vaste Esprit, nous existons dans l’unique instant. En lui, l’évidence de l’Origine s’impose. Elle déjoue la croyance en un “second”, celle d’une entité séparée, révélant que tout ce qui se manifeste n’est en réalité qu’une expression, qu’un reflet propre à la Source.

Rouvrir notre esprit ressemble au fait de retrouver une vue grandiose au sommet d’une montagne. C’est se sentir dévasté par l’immensité qui s’offre à nous. C’est rejoindre le ciel de notre Être. C’est résonner avec notre espace intime.
L’Esprit est vaste, infini, éternel… Cela peut être déconcertant. Aussi, il nous faut nous apprivoiser à cette démesure. Tout comme on s’apprivoise au silence. L’apprivoisement vient d’être d’accord, d’accepter en soi l’ouverture et l’immensité de l’Êtreté.

Ouvrir l’esprit, c’est “être d’accord” pour être ici dans cet instant vivant. C’est ouvrir le filtre mental afin d’en vivre une expérience et une connaissance directes. Ouvrir son cœur, c’est aimer au lieu de juger et de faire “deux”. C’est “être avec” en adhésion, en immersion, en confiance dans la présence d’Êtreté.

“Celui” qui peut ouvrir l’esprit, c’est notre cœur. C’est la force de vie et d’amour qu’il recèle.

L’éveil est une simplification. Ce n’est pas une élaboration, une compréhension, une transcendance. Toutes nos expériences d’éveil ne sont restées que des “expériences”, parce que nous avons cru “obtenir” et “atteindre” quelque chose d’autre. L’expérimentation arrive lorsque l’on “ouvre” et que la vérité “entre”. C’est comme enlever ses propres mains qui couvrent nos propres yeux. C’est le fait de désencombrer qui laisse passer “l’information” et permet la reconnaissance. C’est pour cela que je dis que tout le monde est éveillé, mais que personne ne s’en rend compte. C’est pour cette raison que cela peut survenir en un instant.

“L’idée de soi”, nos concepts, nos pensées, nos croyances, nos peurs, représentent tout ce qui masque notre conscience. Il n’y a rien à “ajouter” pour notre perfection. Il nous suffit d’arrêter d’interférer, d’entraver en voulant tenir un “rôle” et occuper une “place”.
Celui qui peut ouvrir l’esprit, c’est notre cœur. C’est la force de vie et d’amour qu’il recèle. Tout le reste, toutes nos stratégies ne sont qu’illusion sur illusion. Sans l’adhésion au cœur, nous ne pouvons rien changer. C’est d’écouter, d’entendre en notre for intérieur l’appel insistant de la soif née de notre désir profond, qui nous libère de l’illusion.

Start typing and press Enter to search